Notre Village

La commune de Garennes sur Eure a une superficie de 1052 ha. Son altitude varie entre 53 et 135 mètres. Elle est traversée par la rivière Eure, et est entourée de collines boisées de sapins qui avec un peu d'imagination peuvent rappeler les contreforts des Vosges. 
Dépendances: Grenelle, Tourneboisset, Villeneuve, Le Parc.

  LA POPULATION

Les résultats du dernier recensement de notre population, effectué en 2004 confirment que GARENNES se développe : nous étions 1573 garennaises et garennais en 1999. 5 ans plus tard,  nous sommes 1844, soit une augmentation de 13,1%, et en moins de 25 ans, notre commune a gagné plus de 600 habitants !.

Un peu d'histoire

 

 Ce ne sera pas la reproduction d'un document d'archives que nous vous proposerons, mais une promenade dans le temps sur  la commune de Garennes.

Le nom de « Garennes »  viendrait de Warene que l'on voit figurer dans l'un des plus anciens diplômes mérovingiens.

Il vient de l'allemand Warande qui veut dire Garde, partie gardée, réserve. Or, appartenant à la Baronnie d'Ivry, les terrains de la paroisse de Garennes servaient de chasse gardée pour les seigneurs.

Si le village de Garennes existait avant 1060, ce qui est fort probable, on ne trouve trace écrite sur notre village qu'à partir de cette date où à cette époque Richard, fils d'Hellouin, donnait aux religieuses de Saint-Sauveur d'Evreux sa dîme sur les moulins de Garennes, donation confirmée en 1152 par le Pape Eugène III.

Vers 1170, Amaury de Garennes confirma un don de 4 arpents de terre dans le fief de Hécourt.

En 1211, Berthe de Garennes archidiacre d'Evreux, confirma avec Robert, son fils, le don d'une maison à Evreux.

En 1216, Robert de Garennes, clerc, donna au chapitre d'Evreux toute la dîme laïque qu'il avait à Garennes.

En 1231, Gauthier de Garennes fut témoin d'une chartre.

En 1250, Simon de Garennes, chevalier, déclare des faits au sujet d'un nommé Jonchehors, condamné à être pendu; en 1256 ce même Simon fut caution de Luc du Buisson.

Vers la même époque, Robert le Coq, prêtre, dépose sous la foi du serment que Chrétien Roussel a blessé au doigt, à Garennes, Raoul le François; le susdit seigneur d'Ivry tint le plaid et recueillit l'amende encourue.

La seigneurie de Garennes fut de bonne heure incorporée à la baronnie d'Ivry, aussi les seigneurs d'Ivry prenaient le titre de Baron de Garennes dont ils avaient le patronage. Le seigneur présentait à la cure, il avait droit de haute justice.

Garennes comprenait 6 fiefs :

- Grenelle appartenait vers 1460 à Denis-Henri, sieur de Grenelle, reconnu noble par Montfault II. Il portait : de sable à un chevron brisé d'or. Le dernier seigneur de Grenelle connu est Nicolas de Grenelle.

- Jean du Plessis : apparaît dans l'aveu d'Ivry en 1456 et "pouvait valoir 10 livres par an".

- Malafe : dans le même aveu d'Ivry la mention suivante : "le fief Malafe par un plein fief assis en la paroisse de Garennes qui fut Laurent Malafe et pouvait valoir 24 livres 10 sequins".

- Raoul de Fouy ; c'est encore l'aveu d'Ivry qui nous apprend qu'il existait ce fief qui pouvait valoir 10 livres par an.

- Tourneboisset : toujours dans l'aveu d'Ivry on lit : "ay droit de prendre sur le seigneur de Tourneboisset, 10 sextiers de blé de maulte, à la mesure d'Ivry..."

- Le Vivier était un fief entier qui valait environ 120 livres, au milieu du XVème siècle.

En 1725, Marie-Thérèse de Bourbon, obtint des lettres patentes du roi pour disjoindre la baronnie de Garennes de celle d'Ivry.

En 1745, le duc de Penthièvre obtenait les baronnies d'Ivry et de Garennes.

A cette époque on comptait à Garennes 4 feux privilégiés et 130 taillables ; il y avait une sergenterie (office de justice) qui était donnée à bail.

Les baronnies d'Ivry et de Garennes furent réunies jusqu'à la Révolution

Un document daté du 8 août 1793, l'an deuxième de la République Française, nous apprend que le chef-lieu de canton était Ivry, le district provisoire à Vernon dans le département de l'Eure.

En 1840 Garennes, (le nom de Garennes sur Eure est apparu en 1948), comptait 206 ménages soit une population de 677 habitants ainsi qu'une école communale de 70 enfants.

L'économie se caractérisait par une culture céréalière importante, fabrication de flûtes, exploitation de moulins à tan et moulins à blé.

 

Eglise St Aignan

Vous trouverez ci-après un descriptif de l'Eglise Saint Aignan, que nous avons cherché à rendre aussi complet que possible.  Si vous trouvez des inexactitudes, ou si vous avez des informations complémentaires, nous serions heureux que vous nous en fassiez part.

Cliquez sur les parties surlignées en bleu pour voir les photos illustrant le texte.

 

La simplicité de la construction, les matériaux utilisés, le dépouillement intérieur : absence de sculpture, de colonnade permettent de dire que l'architecture générale du monument suit la norme cistercienne en vigueur au début du XIIème siècle et par conséquence de situer sa construction à cette époque.

Toutes les décorations actuelles : statues, vitraux, peintures, meubles ne sont apparus qu'à partir du XVème siècle.

 

 

Comme la plupart des églises son plan est cruciforme et orienté est-ouest. Il comporte : un chevet, une nef, un transept et dans le prolongement d'un croisillon de celui-ci un bas-côté de la longueur de la nef. Au-dessus du croisement de la nef et du transept s'élève la tour quadrangulaire qui forme le clocher couvert d'ardoises alors que le reste de la toiture est en petites tuiles plates.

Si on examine avec attention la face ouest de l'édifice on y découvre différentes modifications faites au cours des siècles : petite porte bouchée par des briques, sur les pignons de la nef et du bas-côté amorce de deux toitures triangulaires séparées, qui par la suite furent réunies en une seule tel actuellement, percement de deux fenêtres de style "moderne". (voir photo montage ci-dessus, qui représente l'église telle qu'elle devait être avant que les deux toitures ne soient réunies)

Extérieurement l'architecture romane est prépondérante, ouverture en plein cintre à l'exception de la porte d'entrée sans aucun style particulier. Les matériaux utilisés sont pour la face nord et le sommet des moellons hourdé à la chaux et au sable, pour la face sud de la pierre de taille ainsi que le côté ouest. On peut remarquer sur la face sud une petite tour en poivrière à fenêtres en meurtrière, elle comporte, à l'intérieur, un escalier à vis en pierre.

  

La face sud, façade principale, marque bien l'évolution de la construction d'une part par le changement de matériaux, la pierre de taille a remplacé les moellons et d'autre part par les ouvertures qui de simples plein cintre deviennent avec archivoltes et meneaux évolution que l'on retrouvera à l'intérieur avec la voûte gothique du bas-côté.

En pénétrant à l'intérieur la simplicité du lieu nous frappe et la pureté du monument sans sculpture sans décoration confirme bien sa construction au début du XIIème siècle.

On remarquera la voûte de bois en arc brisé qui fait penser à une coque de navire retournée de la nef en contraste avec celle en pierre sur croisée d'ogives de style gothique du bas-côté qui marque ainsi une évolution dans la construction de l'édifice en relation avec l'utilisation des pierres de tailles pour les murs de cette face nord.

L'éclairage naturel du monument est assuré par des ouvertures de style roman ou gothique qui portent des vitraux intéressants, tous du XIXème siècle à l'exception d'un contemporain de 1960.

Sont à remarquer en particulier sur la face sud celui relatant la Dédicace de l'église Saint-Aignan en 1514 par l'Evêque de Thessalonique etcelui de la face nord dédié au Père LAVAL, figure régionale, né à Croth médecin et prêtre à l'Ile Maurice.

L'examen de ces vitraux nous permet aussi d'évoquer les Charités puisque celle de Garennes a offert en 1886 le vitrail représentant Saint Joseph sur le mur sud du bas-côté.

Avec les charités il y a lieu également d'évoquer la Fabrique de l'église qui était en fait l'organe de gestion de celle-ci fixant les redevances des paroissiens sur la location des bancs à l'églises, les tarifs des différentes cérémonies et assurant les dépenses d'entretien elles étaient souvent composées du curé de la paroisse, du maire et de quelques personnes reconnues pour leur intégrité.

Il est intéressant de s'arrêter sur la statuaire de l'église qui en majorité polychrome et en bon état est datée du XVème siècle, pour les plus anciennes, au XVIIIème siècle, pour les plus récentes.

On remarquera : pour le XVème siècle, au moment du retable majeur une statue en pierre de Saint Jacques le pélerin et de la même époque les fonds baptismaux.

Pour le XVIème, un Saint Nicolas en pierre sculptée polychrome et, de part et d'autre de la porte d'entrée, un saint Diacre et un Saint Jean Baptiste dont le corps est recouvert d'une peau de bête, les deux en bois sculpté peint.

Pour le XVIIème, la Pieta en bois polychrome du retable latéral, un Saint Paul en bois et une Sainte Catherine en pierre.

Pour le XVIIIème, une statue de Saint Jean l'évangéliste et une de saint Pierre en bois polychrome.

Il faut noter le peu de mobilier qui subsiste dans l'édifice, seul un banc orné de balustres tournées du XVIIIème et 3 tabourets de chantre du XIXème sont à remarquer.

Par contre, dans le choeur, on peut admirer le bel ensemble du maître-autel avec ses boiseries du début du XIXème siècle, surmonté s'une niche ornée d'un saint évêque bénissant, en bois de la même époque, Saint Aignan patron de l'église.

On peut aussi observer quoique en partie dissimulée sous la table d'autel de la chapelle de la Vierge une plaque de marbre portant l'inscription suivante :

"ici reposent dans la paix du Seigneur :

Le Comte Louis d'Alonville, préfet de la Meurthe en 1830, Conseiller d'Etat, décédé en 1852,
La Comtesse Mouis d'Alonville décédée en 1877,
Le Comte Frédéric Des Mazis, leur gendre, décédé en 1859,
La Comtesse Louis Des Mazis, leur fille décédée en 1880,
La Comtesse de Dampierre, leur petite-fille, décédée en 1875.

 


Voici rapidement décrit cet intéressant monument que représente l'Eglise Saint-Aignan de Garennes qui mérite que l'on s'y arrête tant par sa contribution au patrimoine de notre commune que par l'atmosphère de méditation qui se dégage de sa sobriété.


Texte élaboré d'après l'étude de R. COUILLAUD de 1988, de l'inventaire CORNUTTO de 1985 et avec l'aide de l'HISTOIRE D'IVRY LA BATAILLE de M. BRICAUD de 1998.
Serge Barre